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28.04.2026 01:39 PM
L’euro perd de son attrait

Alors que l’euro oscille entre la hausse des prix du pétrole et celle des marchés actions, les flux de capitaux indiquent clairement la trajectoire de l’EUR/USD. Les marchés actions européens sont nettement distancés par leurs homologues américains. Si la BCE n’opère pas deux à trois mouvements de resserrement en 2026, les rendements souverains sur le Vieux Continent risquent de chuter significativement, réduisant leur attractivité et accélérant la fuite des capitaux.

Les actions européennes ont entamé l’année 2026 sur une note positive. Des valorisations faibles, des perspectives d’accélération de la croissance dans la zone euro, l’incertitude autour des politiques de Donald Trump, et une vague de ventes sur les titres liés à l’IA aux États-Unis ont offert à l’Europe un avantage relatif par rapport aux indices américains.

Performance des indices actions américains et européens

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Le conflit au Moyen-Orient a complètement changé la donne. Au lieu d’accélérer, l’économie européenne semble désormais se battre pour sa survie. Le risque d’un nouveau choc énergétique comparable à celui d’il y a quatre ans se profile. Plus le détroit d’Ormuz reste bloqué, plus ces risques augmentent — et les propositions américaines et iraniennes pour la réouverture de cette artère pétrolière clé demeurent mutuellement inacceptables.

Les marchés à terme anticipent encore deux hausses de taux de la BCE en 2026, avec une probabilité non nulle d’une troisième. Ces prévisions sont étayées par la hausse des anticipations d’inflation des ménages dans la zone euro pour les 12 prochains mois (de 2,5 % à 4 %), à trois ans (de 2,5 % à 3 %) et à cinq ans (de 2,3 % à 2,4 %).

Dynamique des anticipations d’inflation dans la zone euro

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Le consensus Bloomberg n’anticipe qu’une seule hausse du taux de dépôt de la BCE en 2026 — en juin — et prévoit que ce taux reviendra vers 2 % l’année prochaine à mesure que l’économie de la zone se ralentira. Si le marché à terme se trompe, les rendements allemands pourraient baisser, réduisant leur attrait, ce qui déclencherait des flux de capitaux de l’Europe vers les États-Unis et exercerait une pression baissière sur l’EUR/USD.

Une économie faible doit donc finir par se refléter dans la devise. Cela dit, les investisseurs espèrent actuellement une fin rapide du conflit au Moyen-Orient et ont été disposés à vendre le dollar américain en tant que valeur refuge, tandis que les indices boursiers américains continuent d’inscrire des records historiques. Ces facteurs ont jusqu’à présent limité le repli de l’EUR/USD.

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À l’inverse, une fermeture prolongée du détroit d’Hormuz ferait probablement grimper les prix du pétrole encore plus haut. Dans un tel scénario, les devises des pays exportateurs nets d’énergie ont généralement tendance à s’apprécier — et le dollar américain ne ferait pas exception.

Sur le plan technique, la paire EUR/USD n’a pas réussi à tester la résistance au niveau de la moyenne mobile verte sur le graphique journalier et est revenue vers sa juste valeur, autour de 1,169. Une rupture nette en dessous de ce niveau augmenterait la probabilité d’une nouvelle baisse et justifierait l’initiation de positions vendeuses sur l’euro contre le dollar américain.

Marek Petkovich,
Analytical expert of InstaTrade
© 2007-2026

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