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L’or a reculé aujourd’hui de 0,8 % à 4 036,20 $ l’once. L’argent a diminué de 1,1 % à 57,11 $, tandis que le platine et le palladium ont également baissé. Après avoir testé le seuil des 4 100 $ jeudi, le métal a perdu presque tous les gains de la séance précédente au cours de transactions instables.
Les fortes fluctuations ont suivi la décision de la Federal Reserve de maintenir les taux inchangés, par un vote de 9 contre 3. Une hausse des taux créerait des obstacles pour l’or, qui ne génère pas de rendement ; cependant, le simple fait que le vote ait été si partagé a mis en lumière une conviction croissante, chez certains responsables, que des taux plus élevés seront finalement nécessaires pour contenir le retour des tensions sur les prix, ce qui a rendu le marché nerveux.
Le président de la Fed, Kevin Warsh, a insisté sur le fait que cette décision ne reflète pas l’inertie de la banque centrale. « Si l’inflation reste élevée sur l’horizon de prévision, les taux d’intérêt pourront certainement faire partie de la solution, mais je ne dirais pas que c’est la seule voie », a-t-il déclaré. À la suite de cette annonce, les rendements des obligations du Trésor américain les plus court terme ont reculé, traduisant une révision rapide à la baisse des anticipations de hausse du coût du crédit. Les traders ont repoussé leurs prévisions de resserrement plus tard dans l’année, réduisant ainsi le coût d’opportunité de la détention d’or.
Néanmoins, cette instabilité même des échanges reflète de profonds doutes du marché quant à la manière d’interpréter la rhétorique de Warsh. Les marchés ne savent toujours pas si les propos offensifs de Waller ne sont qu’une tentative de s’affirmer ou s’il faut les prendre au pied de la lettre. C’est l’incertitude majeure du moment : le marché hésite entre un simple coup de bluff et une réelle volonté d’agir.
Cependant, selon plusieurs experts, la conviction qu’il s’agit d’un feu vert pour un investissement plus actif dans l’or se renforce prudemment. Le seuil des 4 200 $ est considéré comme un tournant clé pour la trajectoire future du métal.
Parallèlement, le contexte géopolitique continue d’exercer des pressions dans les deux sens. Les États-Unis ont lancé une nouvelle vague de frappes contre l’Iran en réponse aux attaques visant des bases militaires dans la région. Toutefois, les deux camps avaient brièvement suspendu les hostilités la semaine dernière dans une tentative d’instaurer un dialogue diplomatique. L’or a reculé de près d’un quart depuis le début de la guerre entre les États-Unis et l’Iran il y a cinq mois, la flambée des prix de l’énergie renforçant les tensions inflationnistes et augmentant la probabilité d’un maintien de taux élevés plus longtemps.
Malgré tout, les achats à bon compte ont soutenu le métal autour du seuil clé de 4 000 $ ces dernières semaines, et l’or se dirige vers son premier gain mensuel depuis février, en dépit de la volatilité observée aujourd’hui.
Concernant la configuration technique actuelle de l’or, les acheteurs doivent reprendre la première résistance à 4 062 $. Cela permettrait de viser 4 124 $, au‑dessus de laquelle il sera assez difficile de franchir. L’objectif le plus éloigné se situerait dans la zone des 4 186 $. En cas de repli de l’or, les vendeurs tenteront de reprendre la main à 4 008 $. S’ils y parviennent, une cassure de cette zone porterait un coup sévère aux positions des acheteurs et ferait reculer l’or vers un plus bas à 3 954 $, avec la perspective d’un glissement vers 3 906 $.