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L’or a augmenté de 0,5 % à 4 400 $ l’once malgré les événements au Moyen-Orient. L’argent a gagné 0,8 % à 66,298 $, le platine a progressé de 1 %, et le palladium est resté inchangé.
Alors, pourquoi le regain de risque d’inflation ne pèse-t-il pas sur l’or ? Cette hausse provient entièrement du marché des devises. Les forces américaines ont détruit cinq pétroliers iraniens près de l’île de Kharg, principal hub d’exportation de l’Iran, en réponse à des tentatives de tirs de missiles contre un navire de guerre américain. Le Brent s’est rapproché des 100 dollars le baril, et dans des circonstances normales, une telle escalade ferait grimper le métal refuge. Pourtant, l’or a monté non pas à cause de la géopolitique, mais en dépit de celle-ci.
Le problème, c’est le dollar, qui est resté sous pression après que le yen japonais s’est apprécié à un plus haut de sept mois, apportant un certain soutien à l’or. Voilà le paradoxe qui dicte actuellement la dynamique de l’or : l’escalade militaire fait monter le pétrole, le pétrole renforce les anticipations d’inflation, ces anticipations augmentent la probabilité d’un durcissement de la Federal Reserve, et ce durcissement pénalise un actif qui ne génère pas de rendement. Le risque géopolitique, qui traditionnellement soutenait l’or, joue désormais contre lui via le canal des taux. Le seul véritable soutien vient de l’affaiblissement du dollar — et ce sont des anticipations hawkish concernant la Bank of Japan, un facteur sans lien avec l’or ni avec la guerre, qui expliquent cette faiblesse du dollar.
Le danger plus important est une surprise inflationniste qui ferait pencher les probabilités de taux vers de nouvelles hausses et exercerait une pression massive sur le métal précieux. Sur le plan technique, l’or est piégé depuis trois mois dans une fourchette étroite autour de 4 400 dollars depuis le rebond de juillet à partir d’environ 4 000 dollars.
Quel est le degré de probabilité d’un scénario de surprise inflationniste ? Le risque est asymétrique, et le marché pourrait sous-estimer les divergences au sein même du rapport. Les économistes s’attendent à une hausse de l’indice CPI d’environ 0,4 % m/m (tirée par la hausse de l’essence), tandis que l’indice CPI de base en rythme mensuel devrait rester proche de 0,2 %, ce qui ramènerait l’inflation de base annuelle à environ 2,4 % — son plus bas niveau depuis 2021. Cette combinaison donne des arguments aux deux camps au sein de la Fed, de sorte que la réaction de l’or pourrait ne pas être tranchée.
La situation à long terme reste intacte malgré les turbulences actuelles. Les grands gérants d’actifs continuent de reconstituer leurs positions en or comme couverture de portefeuille, et les achats des banques centrales se poursuivent. Ces investisseurs se concentrent sur la soutenabilité budgétaire et la diversification hors du dollar, et non sur l’issue d’une seule réunion.
Je m’attends qu’avec une inflation sous-jacente autour de 2,4 %, l’or se dirige vers la borne supérieure de la fourchette, proche de 4 450–4 500 $, car le marché y verrait une justification pour une pause. Si l’inflation recule, la baisse devrait rester limitée à la zone des 4 250 $, où les acheteurs sur repli sont actifs depuis trois mois.
Concernant la configuration technique, les acheteurs doivent reconquérir la première résistance à 4 425 $ pour viser 4 480 $, au-dessus de laquelle une cassure serait difficile. L’objectif plus éloigné se situe près de 4 540 $. En cas de repli de l’or, les vendeurs tenteront de prendre le contrôle à 4 372 $ ; une rupture en dessous de cette zone porterait un sérieux coup aux acheteurs et pousserait l’or vers le plus bas à 4 304 $, avec, en perspective, un mouvement supplémentaire vers 4 249 $.